Historique

Origines


La psychanalyste jungienne suisse Dora M. Kalff a développé la thérapie du « Jeu de Sable » dans les années 60, sur les bases de la psychologie analytique de C. G. Jung et du Jeu du Monde de Margaret Löwenfeld, pédiatre et psychiatre d’enfant à Londres,  qui estimait que le jeu possède en lui-même une valeur thérapeutique pour les enfants et qui cherchait un moyen d’accéder, pour les soigner, à la complexité de leur univers intérieur et aux expériences pré-verbales qui impactent considérablement la psyché.


 

 


 



il découvre l’importance d’images visuelles intérieures inconscientes, formes typiques apparaissant dans les

mythes,les contes de fées, les imaginations, les rêves, et ne pouvant se réduire à des résidus d’expériences oubliées.

 

Freud, quant à lui, a entre temps inventé grâce à ses patients la situation analytique, dans laquelle deux personnes se rencontrent dans le même cadre, et excluent la conversation ordinaire pour écouter ce qui vient de l’inconscient, dans un espace de liberté et de protection, et dans le champ transférentiel.

 

Jung a toujours reconnu sa dette envers Freud.
 


                     

 

Dora Kalff passa un an à Londres aux côtés de M. Löwenfeld en 1956 et étudia également avec Winnicott, qui, on le sait, a intégré le jeu à l’intérieur de son cadre analytique et thérapeutique.


Dora Kalff apporta au Jeu du Monde une dimension symbolique et, souligna contrairement à M. Löwenfeld, la dimension primordiale de la relation transférentielle, et l’importance d'une sécurité totale pour créer les possibilités de restauration d'une psyché précocement endommagée. En effet, ses efforts se portent sur les conditions de reprise d’un développement qui n’a pas pu avoir lieu, et reposent sur une compréhension jungienne de la nature de la psyché et du développement de la personne.


La thérapie par le jeu de sable est en effet pratiquée par des analystes jungiens et par des thérapeutes formés à la psychologie, aux psychanalyses, dont l’analyse jungienne, aux psychothérapies, et au jeu de sable par des didacticiens de l’ISST, après avoir expérimenté un processus personnel de jeu de sable, comme dans toute thérapie.
Peu connue en France, la thérapie par le jeu de sable pour les adultes, les enfants et les adolescents est largement développée en Allemagne, Canada, Grande Bretagne, Israël, Italie, où elle est régulièrement utilisée au sein des services hospitaliers, Japon, Suisse, USA.

 

afjs - therapie par le jeu de sable

Et en France ?


Le Groupe d’Etudes C.G. Jung invita Dora Kalff en 1970 à faire plusieurs conférences et séminaires, qui drainèrent plus de 150 personnes à chaque fois.
Plus récemment, il a invité Ruth Amman dans le cadre du colloque de janvier 2011 « Vous avez dit : Enfant »  à faire une conférence intitulée : « Le jeu de sable, une thérapie très jungienne. ».
Mais en France, hormis son utilisation depuis plusieurs années par des thérapeutes isolés et l’existence, dans la région d’Avignon, de Toulouse et de Paris, de séminaires et d’ateliers organisés par des didacticiens de l’ISST, qu’ils en soient remerciés, la thérapie par le jeu de sable n’a jamais encore connu de réel essor au point de constituer un groupe réuni autour de sa diffusion au niveau national.
C’est là notre pari.

Son livre « Le Jeu de Sable – Méthode de Psychothérapie », publié en 1966, est une bonne introduction

à sa méthode.

A 10 ans, le petit Jung s’était fabriqué dans le plus grand secret un petit bonhomme qu’il avait habillé et mis dans un plumier lui-même sculpté, sorte de petit lit contenant, avec une pierre qu’il avait peinte. Il avait caché le tout, secret inviolable, sous le toit, dans le grenier de la maison familiale. Cette création lui avait apporté un ordre intérieur et l’avait pacifié, quand l’environnement familial s’écroulait autour de lui.

30 ans plus tard, Jung, psychiatre, se rappelle son jeu d’enfant, l’existence du petit bonhomme et de son lit qu’il avait fabriqués, et a une intuition qui sera le fondement de son oeuvre :

Cabinet de Dora Kalff

Dora Kalff invente, à partir de ses trois filiations, les conditions par lesquelles les contenus inconscients de la personne peuvent émerger du sable, de la matière elle-même, à travers les mains qui créent inconsciemment des formes.

Elle reprend de Freud l’espace de liberté et de protection, dans le cadre du plateau de sable et de la relation transférentielle avec l’analyste de jeu de sable, et de Jung l’importance du symbole vivant comme moyen pour le conscient d’assimiler les contenus venant de l’inconscient, et du transfert archétypique.

Dora Kalff forma des thérapeutes de Jeu de Sable en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. En 1985 la Société Internationale de Jeu de Sable (International Society for Sandplay Therapy, ISST) fut fondée, afin de développer cette pratique et garantir le haut niveau de professionnalisme qu’elle exige. Une majorité de ses fondateurs étaient des analystes jungiens.

Développement